Louisa Siefert
Rimbaud, lycéen de quinze ans, la comparait à Sophocle : Louisa Siefert (1845-1877) est morte à trente-deux ans, malade depuis l'adolescence.
Voix parnassienne lyonnaise du second Empire finissant, révélée à vingt-trois ans par un premier livre aussitôt réimprimé trois fois.
Elle voit le jour à Lyon le 1er avril 1845, dans une famille protestante : un père venu de Hesse et devenu négociant, une mère issue de la soierie lyonnaise, de souche suisse alémanique et de refuge cévenol. À l'adolescence se déclare une coxalgie tuberculeuse qui ne la lâchera plus et finira par gagner les poumons.
En 1863, elle fait la connaissance de Charles Asselineau, l'ami et le futur biographe de Baudelaire, qui lui ouvre les revues et les cercles parisiens ; il lui léguera ses archives à sa mort, en 1874. Rayons perdus paraît en décembre 1868, s'épuise, et deux éditions suivent avant avril 1869. Elle tient une chronique littéraire au Journal de Lyon et figure au Parnasse contemporain.
En 1870, Arthur Rimbaud, lycéen de quinze ans, met la main sur la quatrième édition de Rayons perdus et écrit à son professeur Georges Izambard qu'il y a trouvé une pièce très émue et fort belle, « Marguerite », aussi belle selon lui que les plaintes d'Antigone chez Sophocle. Le rapprochement dit assez ce que l'on entend chez elle : une poésie de la maladie, de l'attente et de l'enfance perdue, écrite au présent, sans le décorum consolateur que le siècle réservait ordinairement aux femmes qui écrivaient. Les Saintes Colères, publiées au sortir de la guerre, en donnent l'autre versant, civique et sec.
Son œuvre tient en huit ans : Rayons perdus (1868), L'Année républicaine (1869), Les Stoïques (1870), Les Saintes Colères (1871), les Comédies romanesques (1872, du théâtre) et le roman Méline (1876). Le 14 février 1876, à Saint-Cyr-au-Mont-d'Or, elle épouse Jocelyn Pène, ancien secrétaire d'Emilio Castelar, qui l'accompagne à Pau pour une cure.
Elle y meurt le 21 octobre 1877, à trente-deux ans, et repose à Saint-Cyr-au-Mont-d'Or. Petit Poème réunit 57 de ses poèmes : les 50 de Rayons perdus, « Marguerite » comprise, et les 7 des Saintes Colères.
- À laquelle ?
- À M. Joséphin Soulary
- Amour
- Angoisse
- Anniversaire
- Après une lecture
- Aujourd’hui, hier, demain
- Berceuse
- Chant de fête
- Crépuscule
- En passant en chemin de fer
- Enfantine
- Enfantines
- Espérance
- Exil
- Idylle
- Inquiétude
- Intérieur
- Jalousie
- L’Abbaye
- L’Image
- La Cure
- La Lande aux rochers
- La Vie
- Le Banc
- Le Lion
- Le Sapin
- Lendemain
- Les Cendres
- Les Papiers de famille
- Les Remembrances
- Les Saintes Colères (I)
- Les Saintes Colères (II)
- Les Saintes Colères (III)
- Les Saintes Colères (IV)
- Les Saintes Colères (V)
- Les Saintes Colères (VI)
- Marchand d’habit
- Marguerite
- Morte !
- Orgueil !
- Page blanche
- Pluie d’automne
- Pourquoi ?
- Prière
- Promenade
- Quand même
- Regard mouillé
- Rêverie
- Soleil couchant
- Soleil d’hiver
- Solitude
- Souvenirs d’enfance
- Tristesse
- Villanelle
- Vivere memento
- Voyage