Après une lecture

Louisa Siefert

Rayons perdus — 1869

Henriette, Henriette, hélas ! combien de femmes Ont conçu, comme toi, la sainte ambition De rendre une âme belle à l’égal de leurs âmes, Et meurent, comme toi, de leur déception ! Oh ! combien, comme toi, pauvre ange au noble rêve ! S’ensanglantent les pieds, se déchirent les mains À vouloir soutenir une lutte sans trêve, Et consument leur vie en efforts surhumains ! Combien ont cru pouvoir, dans un cœur jeune encore, Verser l’enthousiasme & réveiller la foi, En sentant, comme toi, l’amour qui les dévore Se perdre sans écho, sont mortes comme toi ! Ô toi la bien nommée ! ô lys de la vallée ! Ô la plus délicate entre toutes les fleurs ! Si ta tige se rompt, tu meurs inviolée, Comme un lis trop chargé de rosée ou de pleurs !