Crépuscule

Louisa Siefert

Rayons perdus — 1869

Je ne puis résister à la mélancolie De la feuille qui tombe & du jour qui s’en va ; À ce moment, en moi quelque chose se plie, Quelque chose de fier qui souffrit & rêva. Cette feuille qui tombe & qu’à jamais oublie L’arbre, auquel tout à l’heure un souffle l’enleva, Ce jour déjà mourant qui lutte & s’humilie Comme un proscrit blessé que le ciel réprouva, Cette feuille, ce jour, cet oubli, tout m’attriste. Une seule pensée en mon esprit subsiste, Qui me dit : c’est l’hiver ! qui me dit : c’est la nuit ! Demain, cieux & forêts rajeuniront encore… Mais à la feuille morte, à l’heure qui s’enfuit, Hélas ! qui parlera de printemps ou d’aurore ?…