Émilie Arnal
Son siècle l'appelait « l'incomparable poétesse de la Douleur » : Émilie Arnal (1863-1935), professeure, et publiée à quarante-cinq ans.
Institutrice devenue professeure de lettres, elle a écrit sept recueils de vers dont un seul nous est parvenu transcrit.
Elle naît le 20 février 1863 à Millau, en Aveyron, et fait carrière dans l'enseignement : professeure de littérature au lycée de jeunes filles Edgar-Quinet, à Paris, où l'on dit d'elle qu'elle était aimée de ses élèves. Elle ne s'est pas mariée.
**Elle publie son premier livre à quarante-cinq ans.** *Vers les sommets* paraît en 1908, son unique roman *Marthe Brienz* en 1909 — sur le célibat des femmes et la place qu'on leur laisse —, puis *La Maison de granit* en 1910, qui lui vaut le prix Archon-Despérouses de l'Académie française en 1911. Elle se tait quatorze ans, et reprend en 1925 avec *Les Chansons d'Aëllo*, suivies de quatre autres recueils jusqu'en 1932.
La critique de son temps la comparait à Vigny et à Sully Prudhomme — tous deux au corpus — et l'appelait « l'incomparable poétesse de la Douleur ». C'est une poésie de la mélancolie et de l'amour non rendu ; les derniers recueils, d'inspiration chrétienne, s'éclaircissent.
*La Maison de granit* tient dans quelques titres : « Si tu m'avais aimée », « Si tu passais un jour », « Tu ne sauras jamais », « Une autre te dira ». C'est un livre d'adresse à quelqu'un qui n'entend pas, et l'on comprend en le lisant ce que « poétesse de la Douleur » voulait dire — mais il porte aussi « Soir d'orage », où le paysage prend le relais du chagrin, et « À ceux qui pleurent en silence », qui sort de soi pour parler aux autres. Le granit du titre est celui de son pays : elle est de Millau, et la pierre y est partout.
Elle se retire près de Toulouse pour soigner sa sœur Lucie, qui meurt en décembre 1934. Elle meurt l'année suivante, le 7 octobre 1935, à Lapeyrouse-Fossat.
Petit Poème porte les 32 pièces de *La Maison de granit*, le recueil qui l'a fait connaître. **Les six autres n'existent nulle part en ligne** : ce n'est pas un choix, c'est l'état de la source. Elle n'est dans aucune anthologie de référence, et c'est un sondage systématique de Wikidata — non une liste de noms attendus — qui l'a rendue au corpus.
- À ceux qui pleurent en silence
- Ah ! j'aurais su t'aimer
- Ce que je veux
- Devant la Mer
- Il faut choisir
- Indifférence
- Je vous ai vu passer
- Je vous écris
- Joies amères
- L’Âme des choses
- L'Arrivée
- L’Attente
- L'Ombre
- La Maison de granit
- Les Arbres de la Côte
- Les Rochers
- Ma maison
- N'attendons plus
- Nature, ce n’est pas vous que mon cœur adore
- Ô Mortes
- On a rentré les foins
- Prière du Matin
- Prière du soir
- Résurrection
- Sagesse
- Si tu m'avais aimée
- Si tu passais un jour
- Soir d'orage
- Tu ne pouvais m'aimer
- Tu ne sauras jamais
- Une autre te dira
- Vous ne savez pas