Amable Tastu
Célébrée en 1826, ruinée par la faillite de son mari, Amable Tastu (1795-1885) passa le reste de sa vie à fabriquer des livres de classe.
Poétesse de la Restauration, puis pédagogue par nécessité, l'une des plumes les plus lues des maisons d'éducation du XIXe siècle.
Sabine Casimire Amable Voïart naît à Metz le 30 août 1795. Sa mère morte en 1802, son père épouse quatre ans plus tard Élise Petitpain, femme de lettres et traductrice connue sous le nom d'Élise Voïart, qui lui transmet l'anglais, l'allemand et l'italien — trois langues dont elle vivra. Elle publie des vers dès l'adolescence. Le 26 octobre 1816, à Choisy-le-Roi, elle épouse l'imprimeur perpignanais Joseph Tastu, dont elle portera le nom en signature.
Les Poésies de 1826 lui valent une notoriété immédiate ; Lamartine, Chateaubriand, Hugo et Sainte-Beuve la saluent. Puis la crise de 1830 emporte l'imprimerie de son mari, et la maison se retrouve sans revenu.
C'est cette bascule qui fait son intérêt. Une poétesse reconnue à trente ans se change, pour nourrir les siens, en auteure de manuels : Cours d'histoire de France (1837), une traduction de Robinson Crusoé (1835), Tableau de la littérature allemande (1843), Voyage en France (1846), Éducation maternelle (1848), Tableau de la littérature italienne (1870). Des générations d'élèves l'ont lue sans savoir qu'elle écrivait des vers. La poésie, elle, s'interrompt presque : après Poésies nouvelles (1835), il n'y aura plus de recueil neuf, seulement des rééditions. Ce que la nécessité a coûté à une œuvre se mesure rarement d'aussi près.
Veuve en 1849, elle suit son fils Eugène, diplomate, à Chypre puis à Bagdad, avant de rentrer en France. Elle meurt à Palaiseau en janvier 1885, à quatre-vingt-neuf ans, et repose au cimetière du Montparnasse. Une rose porte son nom depuis 1851.
Petit Poème donne 67 de ses poèmes, répartis entre les Poésies de 1826 (39) et les Poésies nouvelles de 1835 (28), dont « Les oiseaux du sacre » et « La mansarde ».
- A Béranger en prison
- A François-René de Chateaubriand
- À M. Victor Hugo
- À ma Muse
- A Monsieur François Guizot
- À Prud'hon
- Chant
- D'où vient que l'âme humaine
- Découragement
- Fantaisie
- Germanicus
- Invocation
- Julia Alpinula
- L'ange gardien
- L'écho de la harpe
- L'Ermitage de Notre-Dame-de-Consolation
- L'espérance
- L'étoile de la lyre
- L'Odalisque
- L'orage
- La barque
- La chambre de la châtelaine
- La fleur du volcan
- La France et l'industrie
- La gloire
- La guirlande
- La jeune fille
- La jeune mère mourante
- La Liberté, ou le Serment des trois Suisses
- La lyre égarée
- La mansarde
- La marinière
- La mendiante
- La mer
- La mer (2)
- La mort
- La neige
- La passion
- La pauvreté
- La Poésie
- La veille de Noël
- La Véronique
- Lai de la mort d'Amour
- Le Barde
- Le Christ au tombeau
- Le dernier jour de l'année
- Le printemps
- Le rossignol
- Le temps
- Le Temps pascal
- Les deux Poètes
- Les feuilles de saule
- Les oiseaux du sacre
- Les saisons du Nord
- Les tombeaux d'une famille
- Lyon en 1793
- Migrations
- Mon royaume
- Plainte
- Prélude
- Que je voudrais te voir
- Rêverie
- Scènes du Passé
- Sur la mort de madame Dufrénoy
- Ton beau front
- Une chronique d'amour
- Windsor