La marinière

Amable Tastu

Poésies nouvelles — 1835

Je veux me fier A cette galère, Et d'un marinier Etre marinière. Il faut, ô ma mère, Pour ne pas rester, Que de te quitter L'amour me requière ! Cet enfant altier Me tient prisonnière, Et d'un marinier Me fait marinière. Adieu donc la terre, Pour ce pont flottant ; C'est là qu'il m'attend ! Adieu donc, ma mère. J'ai dû me plier A sa vie entière : Il est marinier, Je suis marinière. Si dans sa colère Gronde un vent jaloux, Si l'onde en courroux Franchit sa barrière, Tu viendras prier Sous la croix de pierre, Pour le marinier Et la marinière.