Évariste de Parny
Le premier poète du corpus né hors d'Europe : Évariste de Parny (1753-1814), de l'île Bourbon, que Pouchkine appelait son maître.
Élégiaque des dernières années de l'Ancien Régime, venu d'une île sucrière de l'océan Indien, et l'un des rares Français du siècle à écrire l'amour sans mythologie.
Il naît le 6 février 1753 à Saint-Paul, à l'île Bourbon — aujourd'hui La Réunion —, d'une famille du Berry établie dans l'île depuis 1698. À neuf ans on l'envoie en France, au collège Saint-Thomas de Rennes ; son frère le présente à Versailles vers 1772, et il y devient capitaine des gendarmes du roi.
**Tout son œuvre tient dans un retour au pays.** Rentré à Bourbon en 1773, il aime Esther Lelièvre, que son père lui interdit d'épouser. Elle en épouse un autre. De cet échec sortent les *Poésies érotiques* (1778), où elle s'appelle Éléonore — et le livre le rend célèbre du jour au lendemain. « Érotique » se lit ici au sens du siècle : ce sont des poèmes d'amour, brefs, parlés, sans machine mythologique.
La suite est militaire et coloniale : capitaine des dragons de la reine en 1779, aide de camp aux Indes en 1785, d'où il rapporte la matière des *Chansons madécasses* (1787), tenues pour les premiers poèmes en prose de la langue française — et dont l'une, où un vieillard met les siens en garde contre les Blancs, est une des rares pièces du XVIIIe siècle français à dire l'esclavage du côté de ceux qui le subissent.
La Révolution le ruine. Il vit d'emplois administratifs, se marie en 1802, entre à l'Académie française en 1803 au fauteuil 36, et meurt à Paris le 5 décembre 1814.
On l'a beaucoup lu, puis beaucoup oublié. Chateaubriand savait ses élégies par cœur ; Pouchkine l'appelait son maître ; les romantiques lui doivent le ton de la confidence amoureuse, celui qu'on croit venu d'eux.
Petit Poème réunit 60 de ses poèmes : les *Poésies érotiques* (1778) pour l'essentiel, avec les *Élégies* (1784) et les *Poésies fugitives* (1787). Ce sont des pièces courtes — quelques dizaines de vers — écrites pour être dites. Le grand poème satirique de sa maturité, *La Guerre des dieux* (1799), n'y est pas.
- À Éléonore
- À Éléonore (II)
- À Éléonore (III)
- À M. de F
- À ma bouteille
- À mes amis
- À un ami trahi par sa maîtresse
- À un homme bienfaisant
- À un myrte
- Aimer est un destin charmant
- Au gazon foulé par Éléonore
- Au sein d'un asile champêtre
- Aux infidèles
- Bel arbre, pourquoi conserver
- Billet
- C'en est donc fait ! par des tyrans cruels
- Demain
- Dépit
- Dieu des amours
- Dieu vous bénisse
- Du plus malheureux des amants
- Élégie
- Il est trop tard
- Il faut tout perdre
- L'absence
- L'impatience
- L'infidélité
- La main
- La nuit
- La rechute
- La rose
- Le baiser
- Le bouquet de l'amour
- Le cabinet de toilette
- Le lendemain
- Le lendemain (I)
- Le refroidissement
- Le remède dangereux
- Le retour
- Le revenant
- Le sein
- Le songe
- Le songe (I)
- Le voyage manqué
- Les adieux
- Les paradis
- Les regrets
- Les rideaux
- Ma mort
- Ma retraite
- Madrigal
- Ô la plus belle des maîtresses
- Palinodie
- Plan d'études
- Projet de solitude
- Raccommodement
- Réflexion amoureuse
- Souvenir
- T'aimer est le bonheur suprême
- T'en souviens-tu, mon aimable maîtresse