À M. de F

Évariste de Parny

Poésies érotiques — 1778

Abjurant ma douce paresse, J'allais voyager avec toi ; Mais mon cœur reprend sa faiblesse ; Adieu, tu partiras sans moi. Les baisers de ma jeune Amante Ont dérangé tous mes projets. Ses yeux sont plus beaux que jamais ; Sa douleur la rend plus touchante. Elle me serre entre ses bras, Des Dieux implore la puissance, Pleure déjà mon inconstance, Gémit, et ne m'écoute pas. Viens, dit-elle; un autre rivage Nous attend au déclin du jour ; Nous ferons ensemble un voyage, Mais c'est au temple de l'Amour.