Le lendemain

Évariste de Parny

Poésies fugitives — 1787

D'un air languissant et rêveur Justine a repris son ouvrage : Elle brode : mais le bonheur Laissa sur son joli visage L'étonnement et la pâleur. Ses yeux qui se couvrent d'un voile Au sommeil résistaient en vain : Sa main s'arrête sur la toile, Et son front tombe sur sa main. Dors, et fuis un monde malin : Ta voix plus douce et moins sonore, Ta bouche qui s'entr'ouvre encore, Tes regards honteux et distraits, Ta démarche faible et gênée, De cette nuit trop fortunée Révéleraient tous les secrets.