Théodore de Banville
Rimbaud, à seize ans, lui écrivait pour être publié : Théodore de Banville (1823-1891) a enseigné à tout un siècle comment le vers se fabrique.
Poète, dramaturge et critique français, pilier du Parnasse et virtuose des formes fixes, que Baudelaire appelait le poète du bonheur.
Il naît Étienne Jean Baptiste Claude Théodore Faullain de Banville le 14 mars 1823 à Moulins, dans l'Allier, fils d'un officier de marine. La famille monte à Paris ; il fait ses classes au collège Bourbon, l'actuel lycée Condorcet, et publie Les Cariatides à dix-neuf ans, en 1842. Les Stalactites suivent en 1846. Hugo le remarque, Gautier l'adopte, Baudelaire devient son ami.
Sa place se comprend mieux par ce qu'il refuse. Quand le romantisme fait du poème l'aveu d'une âme, Banville en refait un objet : une chose ouvragée, sonore, dont la difficulté même est le sujet. Il ressuscite la ballade, le rondel, le triolet, formes médiévales que trois siècles avaient laissées de côté, et il les manie avec une aisance qui a l'air d'une insolence. Les Odes funambulesques (1857) poussent le procédé jusqu'à la parodie : la rime riche y devient un numéro de trapèze, d'où le titre.
Son Petit Traité de poésie française (1872) est le livre par lequel il survit le plus sûrement. Ce n'est pas une théorie mais un manuel — comment compter, comment rimer, ce qu'un hiatus coûte —, écrit par quelqu'un qui pense que la poésie s'apprend. Toute une génération y a appris, et le Parnasse lui doit son idée de la perfection formelle.
Il y a aussi la lettre. En mai 1870, un garçon de seize ans nommé Arthur Rimbaud lui envoie trois poèmes en demandant à paraître au Parnasse contemporain. Banville ne le publie pas, mais il l'accueille chez lui en 1871 ; l'entente ne durera pas. Il meurt à Paris le 13 mars 1891, la veille de ses soixante-huit ans, et repose au cimetière du Montparnasse.
Petit Poème réunit 109 de ses poèmes : Les Cariatides (1842), Les Stalactites (1846) et les Odelettes (1856), plus neuf pièces que la source ne rattache à aucun volume. Les Odes funambulesques et Les Exilés restent à venir.
- À Adolphe Gaïffe
- À Alfred Dehodencq
- À Alphonse Karr
- À Amarante
- À Arsène Houssaye
- À Auguste Supersac
- À Charles Asselineau
- À Charles Baudelaire
- À Clymène
- À Edmond et Jules de Goncourt
- À Églé
- À Eugène Grangé
- À Glycère
- À Henry Murger
- À Iris
- À Ismène
- À Joseph Méry
- À Jules de Prémaray
- À la Font-Georges
- À la Forêt de Fontainebleau
- À Léon Gatayes
- À ma Mère
- À ma Mère (2)
- À Madame Caroline Angebert
- À mon Père
- À Odette
- À Paul Gavarni
- À Philis
- À Philoxène Boyer
- À Raoul Lebarbier
- À Roger de Beauvoir
- À Sainte-Beuve
- À Sylvie
- À Théophile Gautier
- À un riche
- À une Muse folle
- À une petite chanteuse des rues
- À Vénus de Milo
- À Victor Hugo
- À Zélie
- Aimons-nous et dormons
- Amour angélique
- Ariane
- Aux amis de Paul
- Ballade de la vraie sagesse
- Ballade de ses regrets
- Ballade des belles châlonnaises
- Ballade pour la servante du cabaret
- Ballade pour une amoureuse
- Ballade sur les hôtes mystérieux de la forêt
- Bien souvent je revois
- Camille, quand la Nuit t'endort
- Carmen
- Chanson à boire
- Chanson d'amour
- Chanson de bateau
- Chant séculaire
- Clymène
- Conseil
- Dans le vieux cimetière
- Dernière Angoisse
- Erato
- Idolâtrie
- Il est dans l'île lointaine
- L'Âme de la Lyre
- L'Arbre de Judée
- L'Auréole
- L'Étang Mâlo
- L'Invincible
- La chanson de ma Mie
- La chanson du vin
- La Déesse
- La femme aux roses
- La Fontaine de Jouvences
- La Lyre morte
- La Muse
- La nuit de printemps
- La Renaissance
- La Vendangeuse
- La Vie et la Mort
- Le démêloir
- Le pressoir
- Le stigmate
- Leïla
- Les Cariatides
- Les imprécations d'une Cariatide
- Les Muses au tombeau
- Les Tourterelles
- Loisir
- Loys
- Même en deuil pour cent trahisons
- Nostalgie
- Nous n'irons plus au bois
- Ô jeune Florentine
- Oh ! quand la mort...
- Pour mademoiselle ***
- Pourquoi, courtisane...
- Prosopopée d'une Vénus
- Ronde sentimentale
- Sachons adorer ! Sachons lire !
- Sculpteur, cherche avec soin...
- Sieste
- Sonnet sur une Dame blonde
- Sous bois
- Sur tes cheveux noirs
- Toute cette nuit nous avons...
- Trois femmes à la tête blonde
- Vénus couchée
- Voici le mois de mai