Poètes et poétesses

Paul Valéry

Après une nuit de crise à Gênes, en 1892, Paul Valéry (1871-1945) se détourna des vers ; La Jeune Parque l'y ramena vingt-cinq ans plus tard.

Poète, essayiste et penseur, disciple de Mallarmé, académicien, titulaire au Collège de France d'une chaire de poétique créée pour lui.

Ambroise Paul Toussaint Jules Valéry naît à Sète le 30 octobre 1871, d'un père d'origine corse, vérificateur des douanes, et d'une mère génoise. Élève sans éclat au lycée de Montpellier, il commence des études de droit. En 1890, Pierre Louÿs lui fait connaître André Gide et l'introduit chez Mallarmé, dont il restera le fidèle jusqu'au bout.

Dans la nuit orageuse du 4 au 5 octobre 1892, à Gênes, il traverse une crise qu'il tiendra pour sa véritable naissance : il se promet de répudier les idoles de la littérature et de consacrer sa vie à celle de l'esprit. Installé à Paris en 1894, rédacteur au ministère de la Guerre puis, de 1900 à 1922, secrétaire particulier d'Édouard Lebey, administrateur de l'agence Havas, il remplit chaque matin, avant le jour, les Cahiers qu'il tiendra toute sa vie. Il épouse en 1900 Jeannie Gobillard, cousine de Julie Manet.

C'est à la demande de Gide et de Gallimard, qui lui proposent de réunir ses vers de jeunesse, qu'il revient à la poésie. Il veut y joindre un court poème d'adieu ; il y travaille quatre ans, pendant toute la guerre, et en tire les 512 alexandrins de La Jeune Parque, parus en 1917 : le monologue d'une jeune femme partagée entre le corps et l'esprit. Le succès est immédiat. Suivent l'Album de vers anciens en 1920, où il reprend et retouche les pièces des années 1890, et Charmes en 1922, qui contient Le Cimetière marin. Puis il cesse presque d'écrire des vers, mais retouche encore ceux qu'il a publiés d'une édition à l'autre.

La prose occupe le reste de l'œuvre : Introduction à la méthode de Léonard de Vinci (1895), La Soirée avec monsieur Teste (1896), les dialogues, Variété, Regards sur le monde actuel. Élu à l'Académie française en 1925, il y reçoit Philippe Pétain en 1931 ; en 1937, le Collège de France crée pour lui une chaire de poétique.

Il meurt à Paris le 20 juillet 1945. À la demande du général de Gaulle, il reçoit des funérailles nationales, les premières après la guerre, puis il est inhumé à Sète, dans ce cimetière marin qu'il avait chanté.