La Ceinture

Paul Valéry

Charmes — 1922

Quand le ciel couleur d’une joue Laisse enfin les yeux le chérir Et qu’au point doré de périr Dans les roses le temps se joue, Devant le muet de plaisir Qu’enchaîne une telle peinture, Danse une Ombre à libre ceinture Que le soir est près de saisir. Cette ceinture vagabonde Fait dans le souffle aérien Frémir le suprême lien De mon silence avec ce monde… Absent, présent… Je suis bien seul, Et sombre, ô suave linceul !