Antoine de Latour
Précepteur d'un fils de Louis-Philippe, Antoine de Latour (1808-1881) a suivi son élève à Séville et passé sa vie à traduire l'Espagne.
Poète romantique de la première heure, hispaniste de métier, et l'un des passeurs par qui Calderón est entré en français.
Antoine Tenant de Latour naît à Saint-Yrieix le 30 août 1808, fils d'un éditeur. Il entre à l'École normale en 1826 et publie ses premiers vers dans les années où le romantisme s'impose : La Vie intime en 1833, Loin du foyer en 1835, que reprendront ses Poésies complètes de 1841.
En 1832, il devient précepteur du duc de Montpensier, dernier fils de Louis-Philippe, dont il sera le secrétaire principal à partir de 1843. Quand le prince s'installe en Espagne, Latour suit, et c'est là qu'il passera l'essentiel de sa vie.
Ce déplacement fait tout son intérêt. Un poète français de la génération de Musset devient, depuis Séville, l'un des principaux introducteurs de la littérature espagnole en France. Il traduit Calderón, fait connaître Fernán Caballero, écrit sur l'Andalousie — La Baie de Cadix (1858), Espagne, traditions, mœurs et littérature (1869) — et traduit aussi de l'italien, Silvio Pellico et Alfieri. L'Académie royale des belles-lettres de Séville l'accueille en 1858 ; l'Académie française lui décerne le prix Langlois en 1874 pour son Calderón. Le passeur aura fini par éclipser le poète, et c'est peut-être justice, mais cela vaut la peine d'aller voir les vers.
Car sa poésie, elle, est restée où il l'avait laissée : dans les années 1830. C'est une voix mineure et honnête du premier romantisme, qui prend pour sujets le foyer, l'enfance, la mort d'un enfant, la muse qui se tait, le pays natal qu'on regarde de loin. Loin du foyer porte bien son titre : le recueil est déjà celui d'un homme qui écrit d'ailleurs, et l'on y entend, sous la convention de l'époque, quelque chose d'un exil consenti.
Il meurt à Sceaux le 27 août 1881, trois jours avant ses soixante-treize ans. Petit Poème réunit 59 de ses poèmes : les 42 de Loin du foyer (1835) et les 17 de La Vie intime (1833).
- A un astronome
- A un enfant
- Adieu
- Adieu à l'enfance
- Au printemps qui ne vient pas
- Combats
- dégoût
- Dernier effort
- Dix ans d'absence
- Douleur
- L'âme du purgatoire
- L'amitié
- L'ange
- L'arche invisible
- L'aumône
- L'automne
- L'écran
- L'heure de l'inspiration
- L'hiver
- L'idéal du poète
- La chanson d'adieu
- La convalescence d'un enfant
- La critique d'une femme
- La famille
- La fleur des poètes
- La lampe du poète
- La leçon maternelle
- La moisson des roses
- La neige
- La Pensée et la Rêverie
- La place vide
- La vieille d'un mariage
- La voix de la muse
- Le bonheur
- Le chemin de fer
- Le jeu
- Le jour des morts
- Le livre perdu
- Le pays natal
- Le repos est plus loin
- Le réveil de la muse
- Le siècle
- Les autographes
- Les autographes (2)
- Les petits enfants
- Les regrets de la jeune femme
- Notre-Dame de Paris
- Regret
- Rencontre
- Résignation
- Retour
- Sigalon
- Souvenir
- Souvenir de mai
- Sur un livre renvoyé
- Un soir
- Un soir d'automne
- Une fleur
- Une larme