La critique d'une femme

Antoine de Latour

Loin du foyer — 1835

Vos éloges sont doux, ils pénètrent mon âme, Mais, timide chanteur, j'aime aussi vos leçons ; Si quelque mot vous blesse ou quelques rudes sons, Dites, vous obéir me sera doux, Madame ! Et le soir, près du feu, reprenant mes chansons, Je chercherai le mieux, en attisant la flamme ; L'art se plaît à cacher dans le sens de la femme Ses plus charmants instincts, et nous l'en bénissons. Allons ! mettez le doigt sur le vers qui s'égare ; La critique du cœur, chose touchante et rare, De la sainte amitié ne perd jamais l'accent, La main qui sur les fleurs épanche la rosée N'a-t-elle pas le droit d'arracher, en passant, La feuille qui jaunit ou la tige brisée ?