La chanson d'adieu

Antoine de Latour

Loin du foyer — 1835

Je cherche au firmament une étoile nouvelle, Celle qui me fut chère a disparu des cieux ; Je ne la maudis pas, sa clarté me fut belle, Et son dernier rayon est encore dans mes yeux. Peut-être un autre cœur, à mes vœux moins rebelle, En vers mieux inspirés ou plus mélodieux Me rendra les soupirs qui s'égaraient vers elle Mais soyons-lui clément, à l'heure des adieux. Elle ira dans ce monde où celle qui fut Laure Entre ses jeunes sœurs murmure, à chaque aurore, Le doux nom de Pétrarque et sa chanson d'amour ; Mais jamais, dans le ciel, de sa bouche sévère, Elle ne redira le nom de son trouvère, Et son cœur, s'il l'a su, ne l'aura su qu'un jour.