Poètes et poétesses

Hélène Vacaresco

Descendante de boyards valaques, élève de Sully Prudhomme, deux fois primée par l'Académie française : Hélène Vacaresco (1864-1947).

Femme de lettres et diplomate franco-roumaine, qui écrivit en français toute une œuvre et fit passer dans cette langue les ballades de son pays.

Elle naît Elena Văcărescu le 21 septembre 1864 à Bucarest, dans une lignée de boyards de Valachie qui compte déjà des poètes : Ienăchiță Văcărescu, auteur de la première grammaire roumaine, et ses oncles Iancou Văcărescu et Marițica Bibescu. Elle passe sa jeunesse à la propriété familiale près de Târgoviște, apprend l'anglais avec sa gouvernante, puis vient étudier à Paris — où elle rencontre Victor Hugo, et où elle suit des cours de poésie avec **Sully Prudhomme**.

La guerre russo-turque de 1877-1878, à laquelle son père prend part et qui vaut à la Roumanie sa reconnaissance au congrès de Berlin, nourrit son premier livre : *Chants d'aurore* paraît en 1886 et lui vaut le prix Archon-Despérouses de l'Académie française. Suivent *L'Âme sereine* (1896), *Lueurs et Flammes* (1903), *Le Jardin passionné* (1908), *La Dormeuse éveillée* (1914).

À côté de cette œuvre en vers, elle mène un travail d'une autre nature : recueillir et faire passer en français les chansons et ballades populaires roumaines. *Le Rhapsode de la Dâmbovița* (1889) lui vaut un second prix de l'Académie, le prix Jules-Favre, en 1901 ; *Nuits d'orient* (1907) et *Dans l'or du soir* (1927) prolongent la veine. Elle écrit aussi des romans, et des mémoires en anglais — *Kings and Queens I Have Known* (1904) — car sa vie fut aussi diplomatique : elle représentera la Roumanie à la Société des Nations.

Sa poésie française tient de ses deux appartenances. « Chansons roumaines » est un poème d'elle, non une traduction ; « Chant de guerre » vient de 1877 ; « La Cloche pour les morts » et « Tristesses d'autrefois » sont d'une gravité tenue, sans effusion. Elle meurt à Paris le 17 février 1947.

Petit Poème réunit 6 de ses poèmes, tels que la *Chrestomathie des poètes français* de Sensine (1914) les a transmis — aucun de ses recueils n'étant transcrit. Les deux pièces du *Rhapsode* restent dehors le temps que le corpus décide de ce qu'il fait des vers d'origine étrangère passés en français par leur auteure même.