René-François Sully Prudhomme
Le premier prix Nobel de littérature de l'histoire, en 1901 : Sully Prudhomme (1839-1907), ingénieur empêché devenu le poète du Vase brisé.
Poète français, parnassien de formation, académicien, et l’un des rares à avoir quitté le vers pour la philosophie sans jamais y revenir.
Il naît René Armand François Prudhomme le 16 mars 1839 à Paris, rue du Faubourg-Poissonnière, fils d'un employé de commerce mort alors qu'il est encore enfant. Il fait ses études au lycée Bonaparte, aujourd'hui Condorcet, avec l'intention d'être ingénieur ; une ophtalmie l'oblige à les interrompre. Il travaille de 1858 à 1860 au Creusot, dans les usines Schneider, puis se tourne vers le droit et entre chez un notaire. Ce sont ses camarades de la Conférence La Bruyère, une société étudiante, qui accueillent ses premiers vers et le décident à continuer.
*Stances et poèmes* paraît en 1865, salué par Sainte-Beuve, et contient « Le Vase brisé » — quelques quatrains sur un vase fêlé par un coup d'éventail, où la fêlure gagne en silence jusqu'à ce que la fleur meure. Le poème lui a survécu à lui tout seul, au point d'éclipser tout le reste. Suivent *Les Épreuves* (1866), *Les Solitudes* (1869), *Les Vaines tendresses* (1875).
La trajectoire est celle d'un homme qui déplace son sujet. Le premier ton est élégiaque ; puis vient l'exigence formelle du Parnasse, auquel il contribue par le *Parnasse contemporain* de Leconte de Lisle ; puis un intérêt franc pour la science et la philosophie, qui donne une traduction en vers du premier chant du *De rerum natura* de Lucrèce (1878-1879), *La Justice* (1878) et *Le Bonheur* (1888). Après quoi il quitte le vers pour l'esthétique et la philosophie : *L'Expression dans les beaux-arts* (1884), *Réflexions sur l'art des vers* (1892), *Le Problème des causes finales* avec le physiologiste Charles Richet (1902), *La Vraie Religion selon Pascal* (1905).
Il entre à l'Académie française en 1881. Il est dreyfusard. Du Nobel de 1901 il consacre l'essentiel de la somme à fonder un prix de poésie décerné par la Société des gens de lettres, et il crée en 1902, avec José-Maria de Heredia et Léon Dierx, la Société des poètes français. Sa santé, ébranlée par la guerre de 1870, le contraint à la fin de sa vie à une forme de réclusion à Châtenay-Malabry, où il meurt subitement le 6 septembre 1907. Resté célibataire, il repose au Père-Lachaise.
Petit Poème réunit 204 de ses poèmes, ses quatre premiers recueils au complet : *Stances et poèmes* (1865), *Les Épreuves* (1866), *Les Solitudes* (1869) et *Les Vaines tendresses* (1875). Les grands poèmes philosophiques de la maturité, *La Justice* et *Le Bonheur*, restent à venir.
- À Auguste Brachet
- À Kant
- À l'océan
- À ma sœur
- À Ronsard
- À Théophile Gautier
- À vingt ans
- Abdication
- Au bord de l'eau
- Au désir
- Au jour le jour
- Au prodigue
- Aux amis inconnus
- Aux conscrits
- Aux poètes futurs
- Aux Tuileries
- Bonne mort
- Ce qui dure
- Chagrin d'automne
- Chez l'antiquaire
- Combats intimes
- Conseil
- Conseil (I)
- Consolation
- Corps et Âmes
- Couples maudits
- Cri perdu
- Damnation
- Dans l'abîme
- De loin
- Déception
- Déclin d'amour
- Défaillance et scrupule
- Dernière solitude
- Dernières vacances
- Distraction
- Douceur d'avril
- Éclaircie
- Effet de nuit
- En avant
- En deuil
- En voyage
- Enfantillage
- Envoi
- Éther
- Évolution
- Fatalité
- Fin du rêve
- Fleur sans soleil
- Fort en thème
- Hermaphrodite
- Homo sum
- Hora prima
- Ici-bas
- Il y a longtemps
- Inquiétude
- Intus
- Invitation à la valse
- Jaloux du printemps
- Je ne dois plus la voir
- Joies sans causes
- Jours lointains
- Juin
- L'agonie
- L'alphabet
- L'Âme
- L'amour maternel
- L'art et l'amour
- L'art sauveur
- L'art trahi
- L'automne
- L'axe du monde
- L'épée
- L'épousée
- L'étoile au cœur
- L'étranger
- L'habitude
- L'idéal
- L'indifférence
- L'inspiration
- L'obstacle
- L'une d'elles
- La beauté
- La bouture
- La chanson des métiers
- La colombe et le lis
- La confession
- La coupe
- La folle
- La Forme
- La grande allée
- La Grande Chartreuse
- La grande Ourse
- La joie
- La laide
- La lutte
- La lyre et les doigts
- La Malade
- La Mémoire
- La mer
- La note
- La patrie
- La pensée
- La prière
- La reine au bal
- La roue
- La terre et l'enfant
- La valse
- La vertu
- La vie de loin
- La vieillesse
- La voie lactée
- La volupté
- Le conscrit
- Le cygne
- Le dernier adieu
- Le doute
- Le fer
- Le lit de Procuste
- Le meilleur moment des amours
- Le Missel
- Le monde à nu
- Le monde des âmes
- Le nom
- Le peuple s'amuse
- Le premier deuil
- Le rendez-vous
- Le réveil
- Le rire
- Le signe
- Le temps perdu
- Le vase brisé
- Le vase et l'oiseau
- Le vent
- Le volubilis
- Les ailes
- Les amours terrestres
- Les blessures
- Les caresses
- Les chaînes
- Les Danaïdes
- Les deux chutes
- Les deux vertiges
- Les Dieux
- Les fils
- Les infidèles
- Les serres et les bois
- Les stalactites
- Les téméraires
- Les vieilles maisons
- Les yeux
- Ma fiancée
- Mars
- Midi au village
- Ne nous plaignons pas
- Où vont-ils
- Parfums anciens
- Passion malheureuse
- Pèlerinages
- Pensée perdue
- Peur d'avare
- Piété hardie
- Plus tard
- Première solitude
- Prière
- Prière au printemps
- Printemps oublié
- Profanation
- Quand les heures pour vous
- Réalisme
- Renaissance
- Rencontre
- Repos
- Ressemblance
- Rosées
- Rouge ou Noire
- Scrupule
- Scrupule (I)
- Séparation
- Sépulture
- Si j'étais Dieu
- Sieste
- Silence
- Silence et nuit des bois
- Sonnet - En ces temps où le corps
- Souhait
- Soupir
- Sur l'eau
- Sur la mort
- Sur un album
- Sursum corda
- Tombeau
- Tout ou Rien
- Trahison
- Trop tard
- Un bonhomme
- Un exil
- Un rendez-vous
- Un sérail
- Un songe
- Un songe (II)
- Une damnée
- Une larme
- Vœu