Charles Baudelaire
Condamné en 1857 pour outrage aux mœurs, Charles Baudelaire (1821-1867) a attendu 1949 pour être réhabilité, quatre-vingt-deux ans après sa mort.
Poète, traducteur de Poe et critique d'art, charnière entre le romantisme et la modernité, et l'homme qui imposa le poème en prose.
Il naît à Paris le 9 avril 1821, rue Hautefeuille. Son père meurt en 1827 ; sa mère épouse l'année suivante le colonel Aupick, futur général et ambassadeur, que l'enfant ne lui pardonnera pas. Embarqué en 1841 vers les Indes pour être détourné de la vie qu'il mène, il ne dépasse pas l'île Bourbon et rentre en février 1842. Le 21 septembre 1844, sa famille le fait pourvoir d'un conseil judiciaire : il vivra jusqu'au bout d'une pension mensuelle versée par un notaire.
Sa vie sentimentale tient en trois noms — Jeanne Duval, rencontrée vers 1842 et aimée vingt ans, Apollonie Sabatier, Marie Daubrun — et sa vie matérielle en un seul métier. Il fait connaître Edgar Poe en France à partir de 1848, et c'est de cette traduction-là qu'il tire de quoi vivre.
Les Fleurs du mal paraissent en 1857. Le 21 août, le tribunal condamne l'auteur et son éditeur pour outrage à la morale publique et ordonne le retrait de six pièces — « Les Bijoux », « Le Léthé », « À celle qui est trop gaie », « Lesbos », « Femmes damnées », « Les Métamorphoses du vampire ». L'amende est ramenée à cinquante francs. Baudelaire ne récrit pas le livre : il l'augmente. L'édition de 1861 ajoute trente-deux poèmes et les Tableaux parisiens qui manquaient ; les six condamnées reparaissent en 1866 à Bruxelles, dans Les Épaves. La condamnation ne sera annulée que le 31 mai 1949, par la Cour de cassation. Entre-temps, tout ce qui compte en poésie française aura lu ce livre.
Frappé d'une attaque à Namur le 15 mars 1866, aphasique, il est ramené à Paris. Le Spleen de Paris, ses poèmes en prose, paraîtra en 1869 : un livre qui prend la ville pour matière et renonce au vers sans renoncer au poème.
Il meurt le 31 août 1867, à quarante-six ans. Petit Poème réunit 181 de ses textes : les 145 des Fleurs du mal, les 23 du Spleen de Paris, les 10 des Épaves, l'Épître à Sainte-Beuve et deux poésies diverses.
- À celle qui est trop gaie
- À M. Antony Bruno
- À M. Eugène Fromentin
- À une dame créole
- À une heure du matin
- À une Madone
- À une Malabaraise
- À une mendiante rousse
- À une passante
- Alchimie de la douleur
- Allégorie
- Au lecteur
- Avec ses vêtements ondoyants
- Bénédiction
- Bien loin d'ici
- Bohémiens en voyage
- Brumes et pluies
- Causerie
- Chacun sa chimère
- Chanson d'après-midi
- Châtiment de l'orgueil
- Ciel brouillé
- Confession
- Correspondances
- Danse macabre
- De profundis clamavi
- Don Juan aux enfers
- Élévation
- Épigraphe pour un livre condamné
- Épître à Sainte-Beuve
- Femmes damnées (1)
- Femmes damnées (2)
- Franciscæ meæ laudes
- Harmonie du soir
- Horreur sympathique
- Hymne
- Hymne à la beauté
- Incompatibilité
- J'ai plus de souvenirs que si j'avais mille ans
- J'aime le souvenir de ces époques nues
- Je n'ai pas pour maîtresse une lionne illustre
- Je suis comme le roi d'un pays pluvieux
- Je t'adore à l'égal de la voûte nocturne
- Je te donne ces vers
- L'albatros
- L'âme du vin
- L'amour du mensonge
- L'amour et le crâne
- L'aube spirituelle
- L'avertisseur
- L'ennemi
- L'étranger
- L'examen de minuit
- L'héautontimorouménos
- L'homme et la mer
- L'horloge
- L'horloge (II)
- L'idéal
- L'invitation au voyage
- L'invitation au voyage (II)
- L'irrémédiable
- L'irréparable
- La Béatrice
- La beauté
- La chambre double
- La chevelure
- La cloche fêlée
- La destruction
- La femme sauvage et la petite-maîtresse
- La fin de la journée
- La fontaine de sang
- La géante
- La lune offensée
- La mort des amants
- La mort des artistes
- La mort des pauvres
- La muse malade
- La muse vénale
- La musique
- La pipe
- La prière d'un païen
- La rançon
- La servante au grand coeur
- La vie antérieure
- La voix
- Le balcon
- Le beau navire
- Le cadre
- Le chat (I)
- Le chat (II)
- Le chien et le flacon
- Le confiteor de l'artiste
- Le coucher du soleil romantique
- Le couvercle
- Le crépuscule du matin
- Le crépuscule du soir
- Le cygne
- Le désespoir de la vieille
- Le flacon
- Le flambeau vivant
- Le Fou et la Vénus
- Le galant tireur
- Le gâteau
- Le gouffre
- Le goût du néant
- Le guignon
- Le jet d'eau
- Le jeu
- Le joujou du pauvre
- Le Léthé
- Le mauvais moine
- Le mauvais vitrier
- Le miroir
- Le monstre
- Le mort joyeux
- Le parfum
- Le poison
- Le port
- Le portrait
- Le possédé
- Le rebelle
- Le reniement de Saint-Pierre
- Le rêve d'un curieux
- Le revenant
- Le serpent qui danse
- Le soleil
- Le squelette laboureur
- Le tonneau de la haine
- Le vampire
- Le vieux saltimbanque
- Le vin de l'assassin
- Le vin des amants
- Le vin des chiffonniers
- Le voyage
- Les aveugles
- Les bijoux
- Les chats
- Les deux bonnes soeurs
- Les dons des fées
- Les foules
- Les hiboux
- Les métamorphoses du vampire
- Les petites vieilles
- Les phares
- Les plaintes d'un Icare
- Les promesses d'un visage
- Les sept vieillards
- Les ténèbres
- Les veuves
- Les yeux de Berthe
- Lesbos
- Lola de Valence
- Madrigal triste
- Moesta et errabunda
- Obsession
- Parfum exotique
- Paysage
- Pluviôse, irrité contre la ville entière
- Quand le ciel bas et lourd
- Que diras-tu ce soir
- Recueillement
- Remords posthume
- Rêve parisien
- Réversibilité
- Sed non satiata
- Semper eadem
- Sisina
- Sonnet d'automne
- Sur le Tasse en prison
- Sur les débuts d'Amina Boschetti
- Tout entière
- Tristesses de la lune
- Tu mettrais l'univers entier dans ta ruelle
- Un cabaret folâtre
- Un hémisphère dans une chevelure
- Un plaisant
- Un voyage à Cythère
- Une charogne
- Une gravure fantastique
- Une martyre
- Vers pour le portrait de M. Honoré Daumier