La fin de la journée

Charles Baudelaire

Les fleurs du mal — 1857

Sonnet. Sous une lumière blafarde Court, danse et se tord sans raison La Vie, impudente et criarde. Aussi, sitôt qu'à l'horizon La nuit voluptueuse monte, Apaisant tout, même la faim, Effaçant tout, même la honte, Le Poète se dit : " Enfin ! Mon esprit, comme mes vertèbres, Invoque ardemment le repos ; Le coeur plein de songes funèbres, Je vais me coucher sur le dos Et me rouler dans vos rideaux, Ô rafraîchissantes ténèbres ! "