Cécile Sauvage
Enceinte d'Olivier Messiaen, Cécile Sauvage (1883-1927) écrivit un livre entier adressé à l'enfant qu'elle portait — et lui prédit la musique.
Poétesse française du début du XXe siècle, auteure d'une œuvre brève et d'un livre sans équivalent sur la maternité.
Elle naît le 20 juillet 1883 à La Roche-sur-Yon, en Vendée, et grandit à Digne, dans les Basses-Alpes, dont les paysages secs traversent toute son œuvre. Elle épouse en 1907 Pierre Messiaen, professeur d'anglais et traducteur de Shakespeare. Le couple aura deux fils.
L'Âme en bourgeon paraît en 1908. Elle l'a écrit pendant sa grossesse, et chaque poème s'adresse à l'enfant qu'elle porte. Le livre n'a guère d'équivalent dans la poésie française : il ne célèbre pas la maternité en général, il parle à quelqu'un qui n'est pas encore là, avec une précision physique que l'époque n'attendait pas d'une femme. Il s'y trouve cette phrase, devenue célèbre parce que la suite lui a donné raison : elle y écrit à son fils que la musique l'habitera.
L'enfant était Olivier Messiaen. Devenu l'un des compositeurs majeurs du siècle, il a toujours dit ce qu'il devait à ces poèmes, et en a mis en musique le recueil entier dans Chants de terre et de ciel, en 1938.
Le reste de l'œuvre tient en peu de volumes : Tandis que la terre tourne en 1910, Le Vallon en 1913, Primevère à titre posthume en 1929. Sa poésie est de facture simple, souvent en quatrains, attachée aux choses proches — une tasse, une maison sur la montagne, des dames tranquilles. Rien n'y est haussé, et c'est ce qui la tient.
Elle meurt à Paris le 26 août 1927, à quarante-quatre ans. Petit Poème réunit 47 de ses poèmes. La source ne les rattache à aucun volume : ils sont donc donnés sans recueil plutôt que sous un titre inventé.
- Arbres, montagnes, champs neigeux
- Dans l'ombre de ce vallon
- Destin
- Douce chanson, claire chanson
- Enfant, pâle embryon
- Entends-tu le grelot lointain des voitures
- Fuite d'automne
- J'ai perdu mon jeune bien-aimé
- J'aurai trouvé l'apaisement
- Je me souviens d'un paysage
- Je me souviens de mon enfance
- Je me suis dit les mots câlins
- Je suis dans ma maison chérie
- Je suis née au milieu du jour
- Je t'ai écrit au clair de lune
- Je t'apporte ce soir ma natte plus lustrée
- Je veux d'une plainte suave
- Je vis sans rêve, sans pensée
- L'enchantement lunaire endormant la vallée
- La corbeille
- La lune blanche au rire éteint
- La maison sur la montagne
- La tasse
- La tête
- Laisse couler mes pleurs
- Le bonheur est mélancolique
- Le ciel est plus gris qu'une feuille morte
- Le cœur qu'on croyait mort
- Le cœur tremblant, la joue en feu
- Le soir au soleil je m'assieds
- Les dames tranquilles
- Les jours dorés sont longs
- Les mélancoliques crapauds
- Mélancolie
- Mon ombre, ô compagne légère
- Mon pauvre cœur
- Ô Beauté nue
- Ô mes fougères, j'ai passé...
- Parfois dans mon miroir
- Petites violettes blanches
- Quand je me suis levée avec le petit jour
- Que je repose en toi
- Quelquefois sur le seuil de pierre
- Si vous venez sous mes ombrages
- Te voilà dans les bois
- Une vapeur mauve et légère
- Vers cet espace calme