Ô Beauté nue

Cécile Sauvage

Ô Beauté nue à jamais solitaire, Élève ton corps blanc du milieu des fougères Et laisse que le souffle ingénu du matin Caresse ton épaule et le bout de ton sein ; Laisse sous le jour bleu qui coule des ramures S'élever noblement parmi ta chevelure Ta forme svelte et songe au vaporeux murmure Des feuillages traînants et des bouleaux pleureurs. Dans une brume douce au loin la ville meurt Et fume sur les monts où l'église s'envole De l'essor infini de ses tourelles folles ; Et le long des coteaux en un tournant chemin La file nébuleuse et vague des humains Regagne lentement ses murs pleins de mystère.