Iulia Hasdeu
Roumaine, elle écrivait en français et elle est morte à dix-huit ans : Iulia Hasdeu (1869-1888), dont tout a paru après elle.
Poétesse roumaine de langue française, et la plus jeune voix du corpus.
Elle naît à Bucarest le 14 novembre 1869, fille de Bogdan Petriceicu Hasdeu — philologue, historien, écrivain, l'un des savants les plus vastes de la Roumanie du XIXe siècle. L'enfant lit à trois ans. À onze, elle a fini le lycée Saint-Sava et l'académie de musique de Bucarest.
En 1885, à quinze ans, elle est à Paris : la Sorbonne, l'École pratique des hautes études, et la peinture chez Diogène Maillart. Elle prépare une thèse sur la logique des Upanishads. **Elle écrit en roumain et en français**, et c'est en français que sont ses vers.
Elle meurt de la tuberculose le 29 septembre 1888, à Bucarest, à dix-huit ans. Elle n'aura rien publié de son vivant.
C'est son père qui fait paraître, à Paris et dès l'année suivante, les trois volumes de ses œuvres posthumes — *Bourgeons d'avril* (1889), *Chevalerie, Confidences et Canevas* (1890), *Théâtre, Légendes et Contes* (1890) —, signés du pseudonyme **Camille Armand**. Il fera ensuite bâtir à Câmpina un château à sa mémoire, et passera ses dernières années au spiritisme, à tenter de lui parler.
Ce que le corpus en porte tient en huit pièces, et elles disent leur âge : « À quoi bon ? », « Pourquoi ? », « Je n'ose », « Ne me défends pas de pleurer... » — le vers d'une adolescente qui a lu tout Lamartine et qui écrit vite, parce qu'elle se sait pressée. « L'Éventail », composé à quinze ans et demi, est un tableau XVIIIe à la manière de Watteau ; « Une nuit » revient au couvent de Mihai-Vodă, à Bucarest, attenant à la maison de son enfance.
Deux d'entre elles ne survivent que par une anthologie — la *Chrestomathie des poètes français* de Sensine (Payot, 1914) —, et une troisième par un numéro du journal *Stamboul* de juillet 1899. C'est peu, et c'est tout ce que la source transcrit.