Alfred de Vigny
Officier pendant treize ans sans voir une bataille, Alfred de Vigny (1797-1863) fit de cette attente inutile une philosophie du silence.
Poète, romancier et dramaturge français, le plus grave des quatre grands romantiques et le premier d'entre eux à entrer à l'Académie française.
Il naît à Loches le 27 mars 1797, dans une famille noble que la Révolution a ruinée. L'enfance se passe à Paris, dans le souvenir d'un père officier et le ressentiment d'une caste déclassée. À seize ans, sous la Restauration, il entre dans les Gendarmes du roi puis dans la Garde ; il y servira treize ans sans jamais combattre. De cette carrière militaire vide sortira Servitude et grandeur militaires, où il fait du soldat une figure de l'obéissance et de l'abnégation plutôt que de la gloire.
Poèmes antiques et modernes, en 1826, le place au premier rang du romantisme naissant. La même année paraît Cinq-Mars, premier roman historique français à la manière de Walter Scott, et un succès considérable. En 1835, Chatterton porte au théâtre la mort du poète que la société laisse crever de faim ; la pièce fait pleurer le Paris de Louis-Philippe et pose pour un siècle la question du sort réservé aux artistes.
Sa vie privée se referme peu à peu. Sa liaison avec l'actrice Marie Dorval, de 1831 à 1838, s'achève dans l'amertume et donne La Colère de Samson. Sa mère meurt, son épouse anglaise tombe malade et le restera. Il se retire au Maine-Giraud, en Charente, et Sainte-Beuve raille sa « tour d'ivoire » — la formule était une pique, elle est restée comme une description. Il entre à l'Académie française en 1845, après plusieurs échecs.
Les poèmes de la fin, écrits pour la Revue des Deux Mondes entre 1843 et 1863, sont réunis à titre posthume sous le titre Les Destinées, poèmes philosophiques. La Maison du Berger, La Mort du loup, Le Mont des Oliviers y disent une même chose : les dieux se taisent, la nature est indifférente, et il ne reste à l'homme que l'honneur de se taire aussi. Ce sont ses vers les plus lus.
Il meurt à Paris le 17 septembre 1863, d'un cancer, après des mois de douleurs qu'il a notées jusqu'à la fin. Petit Poème réunit 28 de ses poèmes. Son œuvre en prose — Cinq-Mars, Stello, Servitude et grandeur militaires, Daphné — et son théâtre restent hors corpus : ce sont des romans et des pièces, non des poèmes.
- Chant de Suzanne au bain
- Dolorida
- Éloa, ou la Sœur des Anges
- La Bouteille à la mer
- La Dryade
- La Femme adultère
- La Fille de Jephté
- La flûte
- La Frégate la Sérieuse, ou la Plainte du Capitaine
- La Maison du Berger
- La mort du loup
- La Neige
- La Prison
- La sauvage
- Le Bain d'une Dame Romaine
- Le Bain. Fragment d’un poème de Suzanne
- Le Bal
- Le Cor
- Le Déluge
- Le Malheur
- Le Mont des Oliviers
- Le Somnambule
- Le Trappiste
- Les Amants de Montmorency
- Madame de Soubise
- Moïse
- Paris
- Symétha