Indigence

Anna de Noailles

Derniers vers (Anna de Noailles) — 1933

On aime tristement ; même à travers la joie, Un invisible obstacle aisément se déploie Et disjoint les esprits qui se veulent mêler. Hélas ! tout être est seul sous le ciel étoilé ! L’orgueil a son désert ainsi que sa tendresse. Douleur du noble amour ou de l’ambition, Vous voyez fuir l’espoir et languir l’allégresse ! — Pourquoi faut-il que l’âpre et brève passion Où l’homme s’assouvit, se limite et s’abaisse, De tous les sentiments soit le seul sans tristesse ?