L’Amour

Maurice Rollinat

Les Névroses — 1883

L’Amour est un ange malsain Qui frémit, sanglote et soupire. Il est plus moelleux qu’un coussin, Plus subtil que l’air qu’on respire, Plus provocant qu’un spadassin. Chacun cède au mauvais dessein Que vous chuchote et vous inspire Le Dieu du meurtre et du larcin, L’Amour. Il voltige comme un essaim. C’est le prestigieux vampire Qui nous saigne et qui nous aspire : Et nul n’arrache de son sein Ce perfide et cet assassin, L’Amour !