L’Hyver à la teste grisonne

Agrippa d’Aubigné

Le Printemps

L’Hyver à la teste grisonne Gagea que le ciel luy donnoit Une blancheur qu’il oseroit Monstrer pour braver ma mignonne : Le ciel force neige luy donne ; Le vieillard qui par là pensoit Avoir gaigné, me demandoit Le prix que sa victoire ordonne : « Nous allons guetter au matin Ma belle qui, au blanc satin, Faisoit honte aux lys, & aux fleurs. » Le vieillard se dédit & tremble Voyant le lustre, & les couleurs De ma mie & la neige ensemble.