Quand je vois ces seigneurs qui l'épée et la lance

Joachim du Bellay

Les Regrets — 1558

Quand je vois ces seigneurs qui l'épée et la lance Ont laissé pour vêtir ce saint orgueil romain, Et ceux-là qui ont pris le bâton en la main Sans avoir jamais fait preuve de leur vaillance : Quand je les vois, Ursin, si chiches d'audience Que souvent par quatre huis on la mendie en vain : Et quand je vois l'orgueil d'un camérier hautain, Lequel ferait à Job perdre la patience : Il me souvient alors de ces lieux enchantés Qui sont en Amadis et Palmerin chantés, Desquels l'entrée était si chèrement vendue. Puis je dis : Ô combien le palais que je vois Me semble différent du palais de mon roi, Où l'on ne trouve point de chambre défendue !