Le désir d’aimer

Hélène Picard

L’Instant éternel — 1907

Le désir d’aimer passe sur ma lèvre, L’amour est si fort… Je sens dans ma chair de flamme et de fièvre Mille aiguillons d’or… Oui, les longs baisers au long souffle tiède, Et le frisson fou, Tout ce qui veut bien, tout ce qui possède, Tout ce qui veut tout. Pleurer d’infini sous la nuit immense, Trembler de bonheur, Mourir de chagrin, d’ardeur, de silence Et d’avoir un cœur… Oh ! le Bien-aimé qu’on attend dans l’ombre, Ô soirs inconnus !… Le désir qui croît, le vouloir qui sombre Entre des bras nus… Et le beau courroux et la belle fièvre Aux brûlants yeux d’or, Et la douce lèvre et la douce lèvre… L’amour est si fort…