Villanelle

Charles Marie René Leconte de Lisle

Poèmes tragiques — 1884

Une nuit noire, par un calme, sous l'Équateur. Le Temps, l'Étendue et le Nombre Sont tombés du noir firmament Dans la mer immobile et sombre. Suaire de silence et d'ombre, La nuit efface absolument Le Temps, l'Étendue et le Nombre. Tel qu'un lourd et muet décombre, L'Esprit plonge au vide dormant, Dans la mer immobile et sombre. En lui-même, avec lui, tout sombre, Souvenir, rêve, sentiment, Le Temps, l'Étendue et le Nombre, Dans la mer immobile et sombre.