L'espérance

Marceline Desbordes-Valmore

Romances — 1830

Comme une vaine erreur, Comme un riant mensonge, S'évanouit le songe Qui faisait mon bonheur. Ô douce chimère ! Si tu fuis sans retour, Dans ta course légère Emporte mon amour ! Ce tendre sentiment, Cette aimable folie, Ce charme de ma vie, Sans toi n'est qu'un tourment. Ô douce chimère ! Si tu fuis sans retour, Dans ta course légère Emporte mon amour. Déjà, pour me punir D'avoir été trop tendre, Je consens à te rendre Un si cher souvenir. Ô douce chimère ! Si tu fuis sans retour, Dans ta course légère Emporte mon amour. Que voulez-vous de moi, Raison trop inflexible ? Tourment d'un cœur sensible, Je cède à votre loi. Ô douce chimère ! Si tu fuis sans retour, Dans ta course légère Emporte mon amour.