Présence

Renée Vivien

Dans un coin de violettes — 1910

Ta présence me donne une heure de jeunesse, Il semble que mon mal se ralentit, puis cesse, Car c’est toi mon bonheur et c’est toi ma jeunesse ! Ô parfum de ta robe ! Ô fraîcheur de ton front ! Jamais les cruels temps futurs n’obscurciront Cette douce clarté de tes yeux, de ton front ! Tu m’apportes ta voix, ta présence et ton rire, Et je t’attends, je te contemple, et je t’admire. En moi rayonne encor la splendeur de ton rire ! Sous le rayonnement solaire de tes yeux, Ô jeune et belle autant que le furent les dieux ! Il me semble oublier mon cœur qui se fait vieux !