J’aime d’un amour clandestin

Anna de Noailles

Poème de l’amour — 1924

J’aime d’un amour clandestin Ce que de toi nul n’a aimé : Le sourd battement enfermé De ton cœur et de ton instinct. Nul n’a songé avec douleur À ces beaux secrets écorchés Du mouvement intérieur, Puissant, indomptable et caché ! — Mais moi je sais que c’est ton sang Qui te fait net, pur, précieux, Et mon rêve en ton corps descend Comme vers de plus sombres cieux…