XXII (J'enserre une immense étendue)

Mélanie Bourotte

Charades — 1883

J'enserre une immense étendue Sans commencement et sans fin : Je suis une ligne perdue Entre le cap Horn et Baffin. Je passe à travers l'Amérique ; Je pénètre aux déserts d'Afrique ; J'absorbe Java, Bornéo. Mais, dans ma course autour du monde, Ce que je vois le plus, c'est l'onde : J'ai pour domaine surtout l'eau. Je fais les nuits aux jours égales ; Le marin me fête en riant ; Et mes solennités navales Ont le tour comique et bruyant.