Puisque jamais plus je n’écoute

Anna de Noailles

L’Honneur de souffrir — 1927

Puisque jamais plus je n’écoute L’univers, cet inconscient ; Puisque nul pas sur nulle route N’intrigue mon cœur patient ; Puisque, sous un masque tranquille Qui me vient d’avoir trop souffert, J’attends que sorte de la ville Pour entrer dans le sol ouvert Ce corps qui vraiment eut des ailes Et fut plus brillant que l’été, Je bénis l’inutilité De la tombe, — seule éternelle !