Rythme pour la rose

Lucie Delarue-Mardrus

Horizons — 1904

Ancestrale où les nuits d’Orient sont encloses, Où brûlent des fastes romains, Où toute amour coucha ses poses, Chair féminine, ô nue, ô rose ! Douce tentation des bouches et des mains, Chair féminine, ô nue, ò rose, Ô jeunesse sans lendemains, Rouge, blanche, soufrée ou mate ! Toi qui nous tends toujours ta ronde joue en fleur, Rouge, blanche, soufrée ou mate, Et nous griffes comme une chatte, Sœur de notre bel âge et de notre bonheur ! Encens de nos plaisirs, cassolette fugace, Sœur de notre bel âge et de notre bonheur, Dans tes bouquets mouillés enfouir notre face, Et doucement dormir d’avoir bu ton odeur !…