Appel

Renée Vivien

Haillons — 1910

En proie à l’existence, à ce mal très cruel, Je lance à l’infini mon douloureux appel… À cette heure terrible et trouble de silence Je ressens tout le mal aigu… Le soir encense… Que dans ce crépuscule où s’enlise l’effroi Quelqu’une vienne enfin pour me sauver… À moi !… Lasse des faux baisers et des paroles creuses, Que surviennent pour moi des heures moins fiévreuses ! Lasse de tous ces jours qui ne sont pas meilleurs, Que je m’en aille enfin n’importe où, mais ailleurs !