Je voudrais, si ma vie était encore à faire

Paul Verlaine

Bonheur — 1891

Je voudrais, si ma vie était encore à faire, Qu'une femme très calme habitât avec moi Plus jeune de dix ans, qui portât sans émoi La moitié d'une vie au fond plutôt sévère. Notre cœur à tous deux dans ce château de verre, Notre regard commun ! franchise et bonne foi. Un et double dirait comme en soi-même : Voi ! Et répondrait comme à soi-même : persévère ! Elle se tiendrait à sa place, mienne aussi, Nous serions en ceci le couple réussi Que l'inégalité, parbleu ! des caractères Ne saurait empêcher l'équilibre qu'il faut, Ce point était compris d'esprits en somme austères Qu'au fond et qu'en tout cas l'indulgence prévaut.