Pour la rose rouge

Renée de Brimont

Mirages — 1919

Et vous si multiple, Cramoisie, au bord de l’uni bassin dormant où s’attarde ma fantaisie ; vous, Odorante, qui persistez comme un regret dans la brume chaude, et dont mes mains s’imprègnent longuement ; vous, effeuillée sur l’émeraude visqueuse des eaux, pétale à pétale… Rose, n’êtes-vous la sanglante beauté dernière des mourants étés ? Ou peut-être, livrée à l’aile brutale des nocturnes désirs, Rose, n’êtes-vous parmi les vierges sages que cette pudeur montant à leur visage ?