Une heure d’été

Anna de Noailles

Les Forces éternelles — 1920

Un store jaune, un rosier rose, L’azur compact et scintillant Qui parmi les maisons repose Comme un lait bleu dans un bol blanc, Une abeille, mol équilibre, Poids vibrant, velouté, penché, Qui s’enchaîne aux fleurs, et puis, libre. Semble en volant se pourchasser. Le silence, fleuve limpide. Où, calme navigation, Indéfiniment se dévident De fines intonations. Voilà la beauté pure et pleine D’un jour par les dieux composé ; Mais, ô Nuit, comme vous brisez Cette ineffable porcelaine…