xx . le vieillard étendu

Francis Jammes

Poèmes mesurés — 1908

Le vieillard étendu sur la grande terrasse songe à la mort avec douceur comme qui passe du crépuscule peu à peu à la nuit close. Ce n’est pas, se dit-il, une terrible chose que d’écouter mourir dans un soir de vendanges le chant des vignerons pour que l’hymne des anges lui succède aussitôt au Ciel. Et le vieillard promène lentement l’ombre de son regard sur l’ombre qui s’allonge et couvre de mystère la noblesse de l’homme et celle de la terre.