Danseuse

Renée de Brimont

Mirages — 1919

… ἔγω φαμι ίοπλόχων Mοισαν εύ λάχεμεν Sœurs des Sœurs tisseuses de violettes, une ardente veille blémit tes joues… Danse ! Et que les rythmes aigus dénouent tes bandelettes. Suis la courbe inscrite au jardin des songes, ploie au sein des voiles que l’air déploie, danse, frémissante… danse ! Ta joie vibre et prolonge… Vase svelte, fresque mouvante et souple, danse, danse, paumes vers nous tendues, pieds étroits fuyant, tels des ailes nues qu’Éros découple… Sois la fleur multiple un peu balancée, sois l’écharpe offerte au désir qui change, sois la lampe chaste, la flamme étrange, sois la pensée ! Danse, doux reptile. — Tes chairs sont mates qu’enveloppe l’ombre des nuits stériles ; sur tes seins d’enfant j’ai versé des huiles, des aromates… Danse, danse au chant de ma flûte creuse, sœur des Sœurs divines. — La moiteur glisse, baiser vain, le long de ta hanche lisse… Vaine danseuse !