La Cornemuse

Maurice Rollinat

Les Névroses — 1883

Sa cornemuse dans les bois Geignait comme le vent qui brame Et jamais le cerf aux abois, Jamais le saule ni la rame, N’ont pleuré comme cette voix. Ces sons de flûte et de hautbois Semblaient râlés par une femme. Oh ! près du carrefour des croix, Sa cornemuse ! Il est mort. Mais, sous les cieux froids, Aussitôt que la nuit se trame, Toujours, tout au fond de mon âme, Là, dans le coin des vieux effrois, J’entends gémir, comme autrefois, Sa cornemuse.