Quand l’automne argenté…

Anna de Noailles

Les Forces éternelles — 1920

Quand l’automne argenté et froid comme un raisin Souffle ses vents légers sur l’été qui s’épuise, Quand la fraîche saison, à la fois claire et grise, Comme un printemps plus vif a d’amoureux desseins, Qu’il est doux de trouver dans des yeux qui fascinent Ces vertiges puissants dont le cœur se repaît. Et d’éprouver, tandis qu’une rêveuse paix Sur la riche saison moelleusement chemine, La vivace fierté d’un bonheur stupéfait Qu’enveloppe l’odeur d’un jardin qui bruine…