Nocturne (Les voilà, chacune endormie)

Blanche Sari-Flégier

Harpes et Violons — 1897

Les voilà, chacune endormie, Sous l'air tiède, les pures fleurs... La Lune argente leurs couleurs.... La rose blanche en est blêmie. De la lune, elles sont l'amie, Et lui murmurent leurs douleurs... Mais quand l'aube boira leurs pleurs, Elles ne s'en souviendront mie, Tant l'astre leur aura versé De rayons dans leur coeur blessé... Et, toutes prêtes à sourire, Suivront des yeux les papillons Qui, sur l'aile du frais zéphyre, Parcourront jardins et sillons.