Le Sanglier d'Erymanthe

Blanche Sari-Flégier

Brumes et Rayons — 1897

Non loin du lac qui dort au pied de I'Érymanthe, L'antre du sanglier s'ouvre, horrible et béant, Semblable à quelque porte obscure du néant, Où le vent, seul, la nuit, s'engouffre et se lamente. Les poils tout hérissés et la gueule écumante, L'animal, furieux, se met sur son séant, Et, d'un oeil irrité, regarde ce géant Dont la tranquillité l'étonné et le tourmente. Tel qu'un dieu, le héros s'avance, et, de sa main, Pousse des os blanchis pour se faire un chemin Jusqu'au monstre arrêté près d'une chaude proie. Le saisissant, alors, parles poils de ses flancs, Hercule, en l'etreignant contre son sein, le broie, Et le rejette, mort, sur les rochers sanglants.