Le Convoi de Casimir Périer
Élisa Mercœur
Œuvres complètes d’Élisa Mercœur — 1843
Ah ! puissent tous les sons de l’hymne qui commence
Monter vers le séjour où s’enfuit l’espérance !
Que ta douleur est belle et touchante, ô Patrie !
Quand de leur splendeur morte en revêtant ton deuil,
Tu t’inclines sur le cercueil
Des vengeurs, des soutiens de ta cause chérie !
Lorsque, pour honorer leurs mânes triomphans,
Tu confonds des partis les regrets unanimes !
Et que tes yeux de mère ont des larmes sublimes
Quand tu pleures sur tes enfans !
C’est à ces pleurs sacrés, à ce funèbre hommage,
Offert à l’éloquence, aux vertus, au courage,
À cet auguste adieu, lorsque d’un peuple entier
La foule sur la terre, à son dernier passage,
Escorte un orateur, un poète, un guerrier
Quand, pour trouver un mot qui dit tout, on le nomme,
C’est à ce saint aspect de la douleur de tous,
C’est témoin de sa mort qu’on se sent plus jaloux
De l’existence d’un grand homme.