Si je t’aime avec cet excès

Anna de Noailles

Poème de l’amour — 1924

Si je t’aime avec cet excès, Et cette netteté aussi, Avec cet œil adroit qui sait, C’est à cause de mon pays ! De mon pays lointain, antique, L’illustre Hellade des cigales, Où, sans doute, aux jeux olympiques, Se mouvaient tes grâces égales : Grâces du visage et du cœur, Force charmante, allègre effort D’un front qu’ennoblit de sueur L’élan de l’âme avec le corps ! Platon, Mnasalque, Diotime, T’eussent entouré de clameurs. Moi je t’aime, je souffre et meurs ; — Reçois ce présent plus intime…