C’était après la tiède…

Renée de Brimont

Mirages — 1919

C’était après la tiède et languide journée, l’écharpe aux mille plis sur mes yeux ramenée me voilait de mystère en son ombre flottante. Nous marchions côte à côte avec l’Automne ardente qui tord sa chevelure au-dessus des allées… Des brises s’attardaient, à des senteurs mêlées, et vous disiez : « Regarde, écoute !… L’heure est douce comme un geste d’amour, comme un pas sur la mousse ; une branche frissonne et l’autre se balance… Regarde l’heure bleue … Écoute le silence… Aspire tout Septembre aux calices des roses… Rêve !… Ta rêverie auréole les choses. »