Un clair voyant faucon en volant pour riviere
Agrippa d’Aubigné
Le Printemps
Un clair voyant faucon en volant pour riviere
Planait dedans le ciel, à se fondre appresté
Sur son gibier bloty, mais voyant à costé
Une corneille, il quitte une poincte premiere.
Ainsi de ses attraictz une maitresse fiere
S’eslevant jusqu’au ciel m’abbat soubz sa beauté,
Mais son vouloir volage est soudain transporté
En l’amour d’un corbeau pour me laisser arriere.
Ha ! beaux yeux obscurcis qui avez pris le pire,
Plus propres à blesser que discrets à eslire,
Je vous crain’, abbatu ainsi que fait l’oiseau
Qui n’attend que la mort de la serre ennemie,
Fors que le changement lui redonne la vie,
Et c’est le changement qui me traine au tombeau.