Judith

Blanche Sari-Flégier

Brumes et Rayons — 1897

Les seins à demi nus sous de riches colliers, Judith, l'amphore en main, en souriant s'empresse A séduire Holopherne, et souffre qu'il caresse Ses cheveux déroulés, de ses doigts familiers. L'Assyrien, en proie aux charmes singuliers Qu'autour d'elle répand la Juive enchanteresse, Vide la coupe pleine et tombe, en son ivresse, Sur la couche de pourpre entre les lourds piliers. La fille d'Israël saisit le cimeterre... Le glaive luit... La tête aussitôt roule à terre, Et le sang du Barbare inonde les tapis. Du camp des ennemis tournant alors l'enceinte, Judith passe au milieu des gardes assoupis, Et va remercier Dieu dans la Cité sainte.